FRATRES (2015-2016)

Ces photographies s’inscrivent dans le territoire sur lequel elles ont été créées, et qui a fortement inspiré leur esthétique : les paysages secs et rocailleux des alentours de Carcassonne. Cette matière minérale, la roche, la terre, la poussière, est omniprésente ; elle évoque l’idée d’une terre nourricière et funeste, la matrice comme le tombeau. Elle occupe le cadre, massive, et vient isoler le corps humain, le retirer de son contexte. Ce corps, pourtant, se détache de cette masse minérale par son mouvement incessant, par la lutte et la danse, par la tension, l’effort et la sueur ; les évocations de la statuaire classique contrastent avec ce jeu ambigu, cet éternel déséquilibre entre violence et tendresse, inertie et puissance. La matière organique continue de vivre, de se mouvoir, de vibrer, malgré son esthétique repoussée aux limites du réel par cet aspect minéral et désincarné.

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